
Chers camarades,
Avec nos échanges intempestifs et guerriers autour du port du voile intégral nous donnons raison, certainement à notre corps défendant, aux islamistes, en médiatisant et débattant d'une question qui devrait appartenir au registre privé des convictions religieuse. Doit on débattre de questions religieuses dans le champ politique public ? Absolument pas si l'on est un authentique militant laic, qui réprouve l'envahissement du politique par le religieux.
Avec la réprobation du port de la Burka, nous victimisons potentiellement une petite poignée de femmes qui ont fait du voile intégrale un choix (subi ou libre, la question a t elle un sens en matière de conviction religieuse ?), et nous stigmatisons, au passage, une communauté entière de musulmans, qui, en France, ne demandent qu'à vivre paisiblement, et de manière privée, leur foi.
L'anti islamisme laic utilise alors des arguments proche de ceux utilisés par l'extrème droite en voyant derrière toute femme voilée une potentielle menace terroriste, derrière tout musulman un guerrier conquérant parti à l'assaut de l'Europe (la logique fantasmée du cheval de Troie évoquée par un de nos camarades sur ce forum...). autrement dit, le mythe du complot islamiste généralisé et régénéré, de manière surprenante, dans nos rangs de militants a priori éclairés par les lumières de l'internationalisme... ce qui devrait imposer, a priori, le respect de l'autre comme base philosophique incontournable.
Qu'un millier (d'après la plupart des décomptes) de femmes portent la burka en France, cela mérite il une interdiction par la loi ? devra t on prendre une loi contre le millier de Sikhs qui portent turban ? et demain, contre les quelques milliers de Boudhistes dont le crane rasé et le port d'une robe offense les plus laicards d'entre nous ? Et puis, à ce rythme, pourquoi ne pas s'attaquer aussi à ce qui arborent la rose au poing ou le drapeau rouge comme étendart de lutte ? les chemins de la stigmatisation et de l'intolérance nous approche d'abimes dangereux où nous pouvons tous être précipités un jour.
Rappelons nous que l'usage intempestif de la loi est parfois une offense aux libertés, et que tout militant de la laicité qui se respecte doit également promouvoir la défense de la liberté de conscience sans laquelle il n'y a pas de laicité apaisée possible en France.
L'immense majorité des musulmans de France se retrouve derrière un rapport quasi laique à la religion, considérant que la religion est affaire de conviction privée, que l'islam est un héritage culturel comme un autre, comme peut l'être le rapport aux racines catholiques ou protestantes de nombre de nos compatriotes qui gardent dans "le silence de leur coeur" et sans prosélytisme public, leur foi religieuse pour eux.
Je pardonne parfaitement aux polytraumatisés de l'Algérie française, aux ex colons de l'indochine française, très minoritaires dans nos rangs, mais qui s'expriment sur ce forum ou sur celui de l'ADFE, avec des propos outranciers que je réprouve, notamment quand ils expriment une peur de l'autre ou une crainte de la différence culturelle ou religieuse. Je les pardonne et il ne me viendrait jamais à l'idée de les censurer, par la loi ou par conviction morale, car à mon sens, la liberté d'expression et de conscience ne se discutent pas.
Ne commençons donc pas à créer de "nouvelles étoiles jaunes" pour les musulmans qui deviendraient alors les nouveaux métèques de la gauche. Les 6 millions de tenants de la religion d'Allah en France ne méritent pas de subir pareil sort. Nous sommes tous le métèque de quelqu'un, ne l'oublions jamais.
" Que tous soient un, comme toi, Père , tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous". Evangile selon Saint Jean, base de l'oecuménisme religieux.
" Que tous soient un, comme toi, Camarade , tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous" Evangile selon Saint Marx, base de l'oecuménisme politique.
Boris
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